samedi 7 novembre 2009

Le violeur du plateau - Turn fear into power.

C'est arrivé il y a quelques années. Une série de viols sur le territoire du plateau. Des femmes se faisaient brutalement attaquer et violer alors qu'elles marchaient seules, la nuit, sur les rues du plateau.

Apparemment, de nouvelles attaques ont recommencé ces temps-ci.

Même genre d'histoire. Des femmes marchant seules, la nuit, dans de petites rues du plateau.

Si je trace mon profil, ça ressemble pas mal à ça:

Je vis de nuit.
Je travail la nuit, sur le plateau.
Je marche toujours seule la nuit.

Suis-je en dangé?
Selon les médias et mon entourage, oui.

Par contre, ça me fâche énormément.

Le message que je retiens, c'est que c'est "ma responsabilité" de ne pas marcher seule la nuit. C'est tout à fait ridicule. Le viol est un des seuls crimes où on donne la responsabilité aux victimes de "ne pas se faire prendre".

Donc si moi, je décide que je ne cèderai pas à la peur et que je ne changerai pas mes habitudes pour un seul débile qui court les rues du plateau et qu'ensuite je me fais prendre, est-ce qu'on me dira que je l'avais cherché? Est-ce qu'on va insinuer que c'est de ma faute, c'était à moi de me protéger?

Une grande majorité de femmes à Montréal (et plus particulièrement celles du plateau) seront probablement plus vigilantes dans les prochains mois. Elles prendront des taxis, éviteront des déplacements inutiles, elles devront être escortées si elles doivent marcher seule la nuit.

Pour moi, c'est une liberté conditionnelle.

Bien sur, je ferai attention. Par contre, je n'ai pas l'intention de changer ma vie pour un seul fou. Il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Je refuse de vivre dans la peur.

Une internaute a commenté un article sur le "violeur du plateau" cette semaine. J'ai beaucoup aimé sa réponse.

"I think the best thing to do is to not let fear grip you.

changing your life, needing a friend to walk you home, being afraid to walk at night...

all these things only serve to empower people who would do you harm, because they fill you with fear, make you uncertain of an area that you know and tell you that you are not powerful enough to fight back.

walk strong, and proud. "

16 commentaires:

Lady C a dit…

Je m'souviens de cette histoire. Une fille s'était fait violé dans la cour intérieure de ma chum sur la rue Clark...

T'as qu'à te promener avec une bombonne de cayenne.. ;)

Roukie. a dit…

Poivre de cayenneeeeeee!!!!!!

Miss C a dit…

C'est sûr, continue de vivre (parce que ça goûte drabe, la vie dans la peur). Sois juste vigilante - par exemple avec de la musique au max dans nos écouteurs, bien parties dans nos rêves, on s'aperçoit pas toujours à temps qu'il y a un freak qui nous a spottées...

Lilas a dit…

Il y aura toujours des freaks partout de toute manière. J'ai toujours marché seule le soir depuis mes 16 ans. La nuit m'a jamais fait peur comme toi. Mais il y a deux mois, vers 2h00AM je me suis fait frapper sur le sein ( c'était peut-être une tentative de séducation) par un mec qui me suivait depuis un bout.
J'avoue que depuis je suis un peu plus nerveuse le soir. Mais j'ai pas arreté mes habitudes nocturnes pour autant. Je pense qu'il faut continuer à ne pas avoir peur, mais en étant tout de même bien réveillée, et prudente. Le reste c'est juste du karmaaa ..

une Championne a dit…

Oui, bien sur, je vais être prudente :)
quelqu'un sait où se procurer du poivre de Cayenne? je croyais que c'était illégal...

Hispong Elbayne a dit…

Excellent texte, Championne.
Je suis d'accord avec toi, vivre dans la peur, c'est donner la victoire au prédateur.

S a dit…

C'est illegale...
Mais les surplus darmée peuvent probablement t'en vendre....
Je me rapelle en avoir deja acheter dans un marché au puces... ou - comment, je ne me rapelle plus! Enfin, trouve toi un bon moyen de deffence... :) on sait jamais!

Anonyme a dit…

Du poivre de cayenne tu peux t'en procurer sans problème dans les magasin de chasse; les bombonnes se vendent pour éloigner les ours.

Solène a dit…

Ouf, je ne suis pas la seule à penser comme ça!

La Shirley a dit…

Marche la tête haute, le pas franc,un esti de gros paquet de clefs bien en main et en cas de malheur, vise les tibias et les yeux.Et que tous les déments qui se servent de leurs graine comme arme de destruction massive pourissent en enfer dans des douleurs atroces et sans fin !

D. a dit…

Ça me fait penser aussi à la crise Gilles Proulx qui avait accusé la petite fille de 14 ans qui s'était faites violée:

- Comment ça qu'elle dormait pas!

Mais bon... amène ton poivre de Cayenne pareil! :) Tsé au cas!

une Championne a dit…

Bien dit la Shirley!

@ D. Je suis pas au courant de la crise Gille Proulx mais c'est peut-être mieux ainsi, je déteste quand les victimes de viols sont accusé d'avoir joué un rôle dans ce qui leur arrive. Ça me dégoute

C'est vraiment ce que je dénonce quand je dis que le viol est un crime pour lequel on donne la responsabilité aux victimes de "ne pas se faire prendre" (tsé le fameux arguments "elle l'avait cherché, elle l'avait séduit, elle s'habillait sexy etc.). Ce genre de rhétorique me donne envie de vomir.

formation informatique dif a dit…

beau temoignage

Aigo a dit…

Je partage votre indignation. De toutes les manifestations de bêtise crasse, celle qui doit me mettre le plus en colère doit être quand on rejette la responsabilité sur la victime d'un viol. Manière grotesque et dégoûtante de déresponsabiliser le violeur. C'est pas seulement ignoble pour les femmes, c'est aussi complètement dévalorisant pour les hommes, réduits à des réflexes biologiques incontrôlables, comme si on était les pires des animaux.
J'en ai rencontré un, une fois, qui m'a soutenu en pleine face que quand une fille "allume" un gars, on devrait donner à ce dernier des circonstances atténuantes s'il la viole. Je lui ai rentré dedans (pas physiquement, mais ça me démangeait).

Y'a juste un petit truc qui me chicote:
"Le message que je retiens, c'est que c'est "ma responsabilité" de ne pas marcher seule la nuit. C'est tout à fait ridicule. Le viol est un des seuls crimes où on donne la responsabilité aux victimes de "ne pas se faire prendre"."

Bon, au moins, tu as dit "un des seuls". Mais mettons les choses au clair: on accuse la victime dans la plupart des cas de fraudes ("il n'a pas vraiment cru ça??" "il aurait dû vérifier" "s'il est assez con pour se faire avoir...") et on tient aussi le même discours sur les gens qui se font battre dans des quartiers mal fréquentés ou voler dans le même genre de situation. Donc, le viol est en fait assez loin d'être "le seul crime" où on tient cette logique douteuse.

D'autre part, je ne voudrais pas qu'on se mette à dévaloriser la prudence quand elle s'impose. Je dis bien PRUDENCE, ce qui n'implique pas que l'imprudent soit "responsable" du crime dont il est victime. Aussi bien je soutiens la femme qui décide de ne pas changer sa vie en raison d'un freak, aussi bien je ne voudrais pas qu'on s'en aille culpabiliser celle qui prend des mesures pour diminuer le risque. Ou tout aussi bien ceci: j'ai il y a quelques semaines raccompagné une fille chez elle justement parce qu'il était tard et que ça la rassurait de n'y pas marcher seule... et je n'aimerais pas qu'on dévalorise ou son attitude, ou la mienne, sous le prétexte que c'est céder au discours décrié ci-dessus. Il n'y a, il me semble, une sacré marge entre rappeler quelques règles élémentaires de prudence et céder à cet espèce de terrorisme qui consiste à culpabiliser les victime.

Aigo a dit…

Je partage votre indignation. De toutes les manifestations de bêtise crasse, celle qui doit me mettre le plus en colère doit être quand on rejette la responsabilité sur la victime d'un viol. Manière grotesque et dégoûtante de déresponsabiliser le violeur. C'est pas seulement ignoble pour les femmes, c'est aussi complètement dévalorisant pour les hommes, réduits à des réflexes biologiques incontrôlables, comme si on était les pires des animaux.
J'en ai rencontré un, une fois, qui m'a soutenu en pleine face que quand une fille "allume" un gars, on devrait donner à ce dernier des circonstances atténuantes s'il la viole. Je lui ai rentré dedans (pas physiquement, mais ça me démangeait).

Y'a juste un petit truc qui me chicote:
"Le message que je retiens, c'est que c'est "ma responsabilité" de ne pas marcher seule la nuit. C'est tout à fait ridicule. Le viol est un des seuls crimes où on donne la responsabilité aux victimes de "ne pas se faire prendre"."

Bon, au moins, tu as dit "un des seuls". Mais mettons les choses au clair: on accuse la victime dans la plupart des cas de fraudes ("il n'a pas vraiment cru ça??" "il aurait dû vérifier" "s'il est assez con pour se faire avoir...") et on tient aussi le même discours sur les gens qui se font battre dans des quartiers mal fréquentés ou voler dans le même genre de situation. Donc, le viol est en fait assez loin d'être "le seul crime" où on tient cette logique douteuse.

D'autre part, je ne voudrais pas qu'on se mette à dévaloriser la prudence quand elle s'impose. Je dis bien PRUDENCE, ce qui n'implique pas que l'imprudent soit "responsable" du crime dont il est victime. Aussi bien je soutiens la femme qui décide de ne pas changer sa vie en raison d'un freak, aussi bien je ne voudrais pas qu'on s'en aille culpabiliser celle qui prend des mesures pour diminuer le risque. Ou tout aussi bien ceci: j'ai il y a quelques semaines raccompagné une fille chez elle justement parce qu'il était tard et que ça la rassurait de n'y pas marcher seule... et je n'aimerais pas qu'on dévalorise ou son attitude, ou la mienne, sous le prétexte que c'est céder au discours décrié ci-dessus. Il n'y a, il me semble, une sacré marge entre rappeler quelques règles élémentaires de prudence et céder à cet espèce de terrorisme qui consiste à culpabiliser les victime.

une Championne a dit…

J'adore ce genre d'argumentaire cohérent! Merci des nouvelles perspectives. Je partage ton opinion sur à peu près tout. Au moment d'écrire, la colère était encore un peu en moi, ce qui m'a un peu fait perdre ma rationalité!!!