Ensuite, plus de nouvelles. Ne répond plus mes appels. Ça frise le ridicule. La grosse histoire cliché.
J’aimerais presque l’appeler juste pour l’informer que si il ne cherchait qu’à m’attirer dans son lit, la prochaine fois, il pourrait oublier la méga bouffe et tout le tralala…juste le vin aurait amplement fait la job.
Ce qui me fâche un peu, c’est que je suis tombée en amour avec une idée. Je me suis imaginée avoir un répit. J’ai pensé que la vie me faisait un cadeau. Qu’elle m’envoyait quelqu’un avec qui je pourrais tout simplement me calmer, quelqu’un avec qui je pourrais concentrer mes énergies sur des projets, sur des choses gratifiantes et valorisantes. J’ai pensé que peut-être c’était mon tour à moi.
J’ai toujours pensé que chaque déceptions et chaque moments où j’ai été humiliée ou mal traitée me menaient dans les bras d’une personne extraordinaire. J’ai donc toujours été patiente. J’ai une confiance énorme en la vie. Lorsque j’ai rencontré Mr.Sarcastique, j’ai eu un coup de foudre pour une idée. J’ai eu un coup de foudre pour une vie que j’aimerais vivre. Plus calme et plus enrichissante.
Ça n’a pas marché. Ce qui me manque le plus maintenant, ce n’est pas lui mais bien cette belle idée. Si je ne lui convient pas, c’est franchement tant pis. His loss. Par contre, il m’a fait pensé à tout ça. J’ai aimé tout ce que j’ai vu, tout ce que j’ai pensé dans ma tête. J’ai bien aimé m’imaginer dire à ma famille : oui, j’ai quelqu’un dans ma vie.
J’ai aussi aimé l’idée d’avoir quelqu’un pour qui me forcer, quelqu’un qui m’aiderait à pousser mes limites plus loin, qui m’encouragerait à franchir les barrières qui se dressent devant moi.
Je suis très bien avec moi-même depuis 3 ans mais je réalise que je manque de volonté. Il me manque un petit coup, un petit plus. Je me laisse paresseusement bercer par les plaisirs qui s’offrent devant moi. Je tombe facilement dans l'évasion, la fête, l’alcool et la drogue. J'ai un gros besoin de me sentir vivre. Très très fort.
J’ai de très bonnes amies autour de moi. Toutes aussi autodestructrices mais toutes aussi intelligentes. C’est grâce à elles que je suis heureuse. Elles sont stimulantes, vivantes, mais surtout, elles me comprennent. Elles sont comme moi. Elles me supportent et m’accompagnent dans les nuits les plus folles. Elles sont mes partenaires avec qui je consomme jusqu’à m’endormir sur le plancher de ma cuisine mais ce sont les même qui me tirent de ma torpeur le lendemain et qui m’empêchent d’aller m’enfoncer trop loin. On s’encourage à retourner à nos vies et à nos responsabilités. Parfois avec un mal de tête, mais toujours avec le sourire. Ce sont elles qui font que je suis aussi solide.
La semaine dernière j’ai cru avoir rencontré quelqu’un qui s’ajouterait à cette vie et qui pourrait faire un peu d’ordre là où il a du chaos. Quelqu’un qui me verrait exactement de la façon dont il faut me voir. J’ai cru que j’allais enfin avoir l’occasion de respirer, souffler, guérir, oublier, m’abandonner, baisser mes gardes, ralentir le rythme, reprendre une peu de santé. J’ai cru pouvoir prendre une pause. Arrêter le marathon de fou qui m’essouffle depuis trois ans.
Lui, il ne va pas me manquer. Il peut aller se rhabiller avec ses mets italiens, son dossier est déjà classé dans ma tête. S’il n’a pas su voir ce qu’il y avait à voir en moi, dommage.

